Réunion d’information sur la présentation d’un rapport du CESEC sur une société polynésienne plus équitable
Le vendredi 19 décembre 2025, les membres de la commission de la santé et des solidarités, présidée par Mme Patricia PAHIO-JENNINGS, se sont réunis pour la présentation du rapport du Conseil économique, social et environnemental et culturel (CESEC) intitulé “Une société polynésienne fracturée : quelles perspectives pour une société plus équitable ?”.
Cette présentation a été conduite par Mme Maiana BAMBRIDGE, présidente du CESEC.
L’étude, réalisée dans le cadre d’une auto-saisine sur une période de cinq mois, a permis d’auditionner entre 70 et 80 personnes issues d’horizons variés, comprenant des représentants du patronat et des syndicats, des élus des îles, des acteurs de la société civile, associations ainsi que des professionnels de terrain.
Elle met en évidence plusieurs constats majeurs. En Polynésie française, 20 % de la population vit sous le seuil de pauvreté, estimé à environ 46 000 francs pacifiques par mois. Par ailleurs, l’espérance de vie, qui n’était autrefois que de 20 ans, s’est considérablement améliorée pour atteindre aujourd’hui 50 ans, soit un gain de 20 ans.
Cependant, cette évolution positive s’accompagne de défis démographiques importants. La natalité est en baisse, avec un taux de 1,7 enfant par femme. Les inégalités économiques restent également marquées : les 20 % de ménages les plus aisés concentrent à eux seuls 50 % des revenus totaux, tandis que 77 % des aides sociales bénéficient à des ménages qui ne sont pas considérés comme pauvres.
Sur le plan éducatif et social, la situation demeure préoccupante. 40 % des élèves rencontrent des difficultés scolaires, notamment en lecture, avec un taux de difficultés quatre fois supérieur à celui observé dans l’hexagone. Enfin, la question du logement est critique : 1 400 nouveaux logements sont nécessaires chaque année, alors que 12 000 logements sont actuellement en situation d’indignité.
La présidente du CESEC a souligné que l’ensemble des solutions est d’ores et déjà identifié, mais que leur mise en œuvre requiert une volonté politique forte ainsi qu’une coordination interministérielle renforcée.
Par ailleurs, plusieurs préconisations ont été formulées, portant notamment sur le développement des internats d’excellence et de la restauration scolaire, le renforcement de l’apprentissage et de la formation en alternance avec la création d’une carte professionnelle des métiers, la création d’un statut d’aidant familial pour les personnes vulnérables, ainsi que l’extension de l’aide familiale au logement (AFL) au secteur privé.
Le renforcement de la coordination entre l’ensemble des travailleurs sociaux, la réforme de la fiscalité applicable aux produits de première nécessité (PPN), la mise en place d’un observatoire des marges, et le développement d’une banque alimentaire professionnelle sont également recommandés.
Mme BAMBRIDGE a conclu sont intervention en invitant les élus à prendre des initiatives législatives, en s'appuyant sur l'expertise du CESEC et les services juridiques de l'Assemblée, afin de traduire ces préconisations en textes applicables.






