Étude sur l’émigration potentielle de la Nouvelle-Calédonie vers la Polynésie française

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Étude sur l’émigration potentielle de la Nouvelle-Calédonie vers la Polynésie française

La Nouvelle-Calédonie et la Polynésie française, comparables en termes de population, sont liées par des relations amicales et d’échanges sur les plans institutionnel, commercial, social et culturel.

En août 2018, alors que les Calédoniens étaient appelés aux urnes dans le cadre d’un premier référendum d’autodétermination, l’assemblée de la Polynésie française, préoccupée par l’avenir des 5 600 ressortissants polynésiens installés sur le Caillou, créait une mission d’information afin de quantifier la proportion de cette population susceptible de revenir prématurément au fenua et de définir les éventuelles mesures à mettre en place pour répondre à leurs attentes en Polynésie française.   

En janvier 2021, suite aux résultats du premier référendum d’autodétermination organisé le 4 novembre 2018 et du deuxième référendum le 4 octobre 2020, les membres de la mission d’information ont souhaité poursuivre leurs travaux en réactualisant le périmètre de la mission en fonction des données récentes et des hypothèses nouvelles.

Composée de deux rapporteurs, M. Philip SCHYLE, président de la commission des institutions et Mme Lana TETUANUI, secrétaire de la commission des institutions, et de trois membres, Mme Sylvana PUHETINI, Mme Sylviane TEROOATEA et M. Richard TUHEIAVA, membres de la commission des institutions, la nouvelle mission d’information porte désormais sur les conséquences de l’évolution institutionnelle, économique, sociale de la Nouvelle-Calédonie sur la Polynésie française. Elle a ainsi procédé durant les mois de mars et avril 2021, à 21 auditions instructives et riches en informations, dont 11 avec diverses personnalités de Nouvelle-Calédonie, et au cours desquelles 43 personnes ont été rencontrées en présentiel ou en visioconférence.

Par ailleurs, afin de compléter son analyse par des données tangibles sur le terrain, la mission d’information a mandaté l’institut Quidnovi pour mener une deuxième étude (téléchargeable à la fin de cet article) portant sur l’émigration potentielle de la Nouvelle-Calédonie vers la Polynésie française. Cette étude s’est attachée à estimer les anticipations de départ des Calédoniens à court et moyen terme et à en identifier la quote-part susceptible d’émigrer vers la Polynésie française.

Dans ce cadre, sur un échantillon représentatif de la population calédonienne de 1500 personnes, 361 personnes ont été interrogées dont 194 personnes originaires de Polynésie française et 167 personnes préalablement qualifiées déclarant qu’elles pourraient envisager de quitter la Nouvelle-Calédonie.

Les résultats de l’étude ont ainsi mis en lumière le déplacement éventuel en Polynésie française en cas d’indépendance, de 216 ménages ayant de la famille au fenua (soit 780 personnes) et de 3000 ménages n’y ayant pas d’attache (soit 9 000 personnes), ce dernier volume dépendant toutefois du climat régnant en Nouvelle-Calédonie.

Par ailleurs, les critères de choix du pays de destination avancés par les personnes consultées sont prioritairement l’emploi et le rapprochement familial puis le cadre de vie et la sécurité.

La Polynésie française figure au second rang des destinations plébiscitées par les potentiels émigrants en ce qu’elle renvoie l’image d’un pays hospitalier et au potentiel de développement économique important.

S’agissant du profil des ménages consultés, l’étude précise que les foyers déclarant avoir de la famille en Polynésie française se composent de 4 personnes en moyenne appartenant à la catégorie socioprofessionnelle des employés et ouvriers. Quant à ceux déclarant n’avoir pas de liens familiaux en Polynésie française, ils comprennent 2,6 personnes en moyenne appartenant aux catégories socioprofessionnelles de type cadre et profession libérale.

Tenant compte des données récoltées dans le cadre de cette étude de terrain, les membres de la mission d’information poursuivront leurs travaux afin de définir, en concertation avec les autorités du Pays et de l’État, les éventuelles mesures à mettre en place en Polynésie française.

Ces travaux feront l’objet d’un rapport qui sera présenté aux représentants à l’assemblée de la Polynésie française en séance plénière.

Etude Quidnovi - Emigration potentielle de la Nouvelle-Calédonie vers la Polynésie française

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